mardi 30 août 2011

L'HOMME NOIR

Un homme de couleur
Arpente les ruelles sales
Son regard plein de frayeur
Recherche une main secourable.


Ses pas s'allonge sur le gravier
Ses épaules s'abaissent sous le fardeau

lundi 29 août 2011

UN CREDO POUR LA VIE


Ne te sous-estime pas en te comparant aux autres.
C’est précisément parce que nous sommes tous différents, que nous sommes tous uniques.
Ne fixe pas tes buts en fonction des autres.
Toi seul sais ce qui est bon pour toi.

Sois toujours à l’écoute de tes plus profonds désirs.
Tiens à eux comme tu tiens à la vie, car sans eux, la vie n’est rien.
Ne laisse pas la vie filer entre tes doigts en songeant au passé ou en rêvant à l’avenir.

jeudi 25 août 2011

LAC ÉDOUARD

"Il n'est de choses plus symbolique que l'image créé par l'obsession".

LAC EDOUARD 12 MAI 1972


Au commencement, la vie. Au loin s'étend un monde mystérieux d'étranges lueurs pointes sur nos têtes.


La nature engloutie dans son ventre, les arbres et la vie, qui nous entourent. Puis la paix et la beauté se côtoient. Le soir descend comme un lange sur l'eau. Seul une pointe de lune blanche se penche sur sa tête et lui murmure une berceuse. Le silence vient de loin. Le lac parle du temps.

"Là-bas dit-il dans le royaume de vos ancêtres vos pères et mères chantent un triste refrain. Ils se souviennent de vous et pleurent ce que vous faites. Je leurs ai donné la vie, ils vous l'ont transmis et vous me tuer lentement. Au commencement ici, chaque matin vibrait au rythme de vos cœurs quand vos pères avaient faim, je le savait et leur donnait à manger".


Puis il se tut. Il s'endormit dans un long murmure qui semblait une plainte. A sa surface, l’ombre du jour disparut totalement. Quelques vagues dansèrent et ce fut tout.


Quand l'aurore éveilla l'aube le lac ressemblait au temps. Le village dormait encore. Deux sortes de vies s'aventuraient dans un étrange destin. Le lac avait trop parlé...


La solitude planait. Le soleil de midi grillait le sable. Le lac était chaud. Nous revîmes à ses côtés en l'implorent de nous parler à nouveau.


"Si tous mes frères et toutes mes sœurs, rivières et océans se révoltent ce sera la fin".


Le ciel s’assombrit, d'immenses nuages prirent place. Des bruits sourds se firent entendre. En levant les yeux, nous tombèrent à genoux. Aux loin, dans le ciel le royaume des ancêtres étaient en fête. Une musique barbare puis…..

LAC EDOUARD 15 MAI 1988

Le ciel était bleu. Les arbres courbés dans l'eau respiraient au rythme des vagues. Le lac se mit à parler.


"Dans le fonds de mes entrailles reposent quelques siècles d'histoire. A vous tous qui venez de naître je les dédient pour que vos enfants sachent que la vie à une fin".


Mais personne au village ne l'entendit. La vie de ses hommes continua d'être paisible. La beauté physique qui les entourait y contribuait. Les lunes passèrent et le temps aussi. Parfois des gens venaient pêcher, d'autre se baigner, d'autres se d'étendre. Et tout bien ainsi.


Du royaume des ancêtres, quelque chose se préparait. Nul ne pouvait prévoir, car là germait la nature de l'an 2000.


LAC EDOUARD 16 MAI 2001


A la fin la mort, une mouette passa sur la mer sans rive. Plus de terre, plus de villa plus rien. Le lac chantait une douce mélodie éternelle. Au-delà des nuages, un monde d'ancêtres vieux et pourris riaient


LAC EDOUARD ÉTÉ 73


Le soir couche son ombre dans le dortoir de l'absence. Le chat chante dans les ténèbres de la nuit. Sur la rive, quelques branches brûlent au son des guitares. Des hommes jeunes parlent de leurs souvenirs et de l'ouvrage à abattre après les vacances. Et la vie suit son cours en se moquent du passé et du lendemain.


Avec raison, car le matin qui se leva fut unique. Des fleurs embaumaient l'air d'un parfum qui soulait la tête.


Quand le soir vint de nouveau, il fallut oublier......


(J’étais assise sur notre quai au côté de notre garage à bateau et j'ai vu l'huile sur le dessus de l'eau de mon lac je me suis assise et écrit ce texte en 1972 ce lac avait 26 milles de long il est à 36 milles au nord de La Tuque c'était un bijou pour la pêche à la truite).



Tous droits réservés



LAC-ÉDOUARD

“There is nothing more symbolic than an image created by obsession”.

LAC-ÉDOUARD MAY 12, 1972

In the beginning, life. In the distance there lies a mysterious world, shining strange beams of light over our heads.

Nature swallowed up in its belly, trees and life surrounding us. Then peace and beauty walk hand in hand. Evening falls like a cloth on water. Only a hint of the white moon leans on the evening’s head and whispers a lullaby. The silence comes from afar. The lake speaks of time.

"Yonder, he said, in the kingdom of your ancestors, your fathers and mothers sing a sad refrain. They tell of you and cry about what you are doing. I gave them life, they passed it on to you and you are killing me slowly. In the beginning here, every morning would beat to the rhythm of your hearts. When your fathers were hungry, I knew it and fed them".

Then he hushed. He fell asleep, his labored murmuring sounding like a lament. On the surface, the shadow of day disappeared completely except for the dancing of the waves.

When light broke into day the lake looked like time. The village was still asleep. Two kinds of lives ventured into a strange destiny. The lake had said too much...

Solitude hovered above. The midday sun scorched the sand. The lake was warm. We saw the lake again and begged it to speak to us once more.

"If all my brothers and sisters, rivers and oceans revolt it will be the end."

The sky darkened, overtaken by huge clouds. Rumbling sounds could be heard. Looking up, we fell to our knees. From afar, in the heavens, in the kingdom, our ancestors were celebrating. Primitive music then.....

LAC-ÉDOUARD MAY 15, 1988

The sky was blue. Trees bent over in the water were breathing to the rhythm of the waves. The lake began to speak.

"From the depths of my being reside several centuries of history. To all of you who have just been born, I dedicate this to your children so that they will know that life is finite”.

But nobody in the village paid heed to the lake. The lives of men continued on peacefully. The physical beauty that surrounded them contributed to their tranquility. Many moons passed and so did time. Sometimes people came to fish, others to bathe, others to relax. And so life went on.

From the kingdom of the ancestors, something was brewing. No one could predict what, for the vision of a new millennium was just beginning to take seed.

LAC-ÉDOUARD MAY 16, 2001

At the end, death, a seagull flew over the open sea. No more land, no more villas, nothing left. The lake sang a soft, timeless melody. Beyond the clouds, a world of ancestors, ancient and decayed were laughing.

LAC-ÉDOUARD SUMMER OF 73

The evening lays down its shadow in the abode of absence. The cat sings in the shadows of night. On the shore, branches burn to the sound of guitars. Young men reminisce and talk about work to be undertaken after the holidays. And life continues on while laughing at the past and the future.

And rightly so, for each morning that rose was unique. Flowers filled the air with a perfume that was dizzying.

When evening came again, it was time to forget......

(I was sitting on our dock beside our boat garage and I saw oil floating on top of the water of my lake. I sat down and wrote this text in 1972. The lake was 26 miles long, and was 36 miles north of La Tuque; it was a jewel for trout fishing).


Tous droits réservés
Translation Catherine Lepage

lundi 22 août 2011

TA MAISON

Elle est belle ta maison
Parce que chaude grande et pleine
De rêves et de musique
Me voici dans ton domaine.

Elle est belle ta maison
Avec ses os vieillis
Je vois cette lucarne
Où repose ta vie

samedi 20 août 2011

CE SOIR

Ce soir j’aurais voulu mourir
Ne fut-ce que me noyer dans une flaque d’eau
Ne fut-ce que de rouler sous une auto
Mes rêves sont déchiquetés en lambeaux
Chaque jour plus petit
Viens si tu veux entendre la triste histoire d’une enfant gâtée
Viens si tu te sens capable de me raisonner


Est-ce le trop grand bonheur
Qui me rend malheureuse
Ai-je trouvé ce que je cherchais
Ou est-ce que je ne cherche pas à trouver l’introuvable
Voilà, ça va mieux
Peu importe de quelle manière….. Tu m’aimes……………..


Tous droits réservés



Tonight

Tonight I would have liked to die
If only to drown in a pool of water
If only to roll under a car
My dreams are torn to shreds
Each day shorter than the last
Come if you want to hear the sad story of a spoiled child
Come if you feel able to reason with me

Is it my extreme happiness
That makes me unhappy?
Have I found what I was looking for?
Or am I trying to find that which cannot be found?
Now I feel better
Regardless of how  . . . . You love me  . . . .


Tous droits réservés 

Translation: Catherine Lepage

mercredi 22 juin 2011

CROTON GROS OEIL DE VERRE

Oh!  Vous savez combien la misère des gens peut-être grande, quand ceux-ci sont dans la misère.  Mais la misère d'un homme qui ne peut voir où il regarde est encore bien plus misérable "non".

J'ai connue dans un hameau des Andes un homme qui était ainsi.  Ses cheveux étaient crépus, sales et longs, et, avec sa grande barbe grise, cela faisait, une boule ronde et vitreuse couronnée d'un buisson.  Son corps gras et campé sur ses petites jambes archées le faisait pivoter de gauche à droite, a angle de 45 degré avec le sol.  Il était drôle, oui.... vraiment très drôle....

Mais il était beau aussi.  Et quand les mots sortaient de sa bouche, un grand calme se rependait autour de lui.  Les gens n'ont jamais compris pourquoi.  Ils n'ont jamais cherché à comprendre non plus.  Ils aimaient Croton et le respectait.

Cependant Croton était très malheureux.  Il ne pouvait ni jouer au billard ni à la pétanque ni de temps en temps prendre un bon coup de vin blanc avec les copains.  Quand l'euphorie le gagnait ses yeux de vitres coulaient et en plus de cogner les piquets, il cognait les murs et cela était très angoissant.

Encore plus malheureux était-il quand croyant voir victoire à gauche il s'élançait pour l'étreindre et frappait en pleine gueule la mère Brochu où la créature de Clophas.  Parce que Victoire ne se trouvait ni à gauche ni à droite mais face à lui et ....à quelques pieds.

Un jour croyant avoir compris, ayant perçu une faible lueur à travers les ténèbres, plein d'espoir Croton partit baluchon au dos pour gagner la Plaine.  Il mit le pied en face de lui pour éviter le précipice gauche et dégringola dans celui de droite.

Le lendemain. On retrouva les yeux de vitres de Croton qui roulaient devant La Forge Du Hameau.



Croton, the big glass eye



Oh! You’ve heard about how misery loves company. But the misery of a man who cannot see

Where he’s looking is even more miserable, wouldn’t you say?

I knew a man who lived in the Andes who was suffering from this affliction. He had long, frizzy, dirty hair and with his big, grey beard, he looked like a round, glassy ball crowned with a bush. His fat body, standing solidly on his small bow-legs, made him rock from left to right at an angle of 45 degrees with the ground. He was funny, yes . .  extremely funny . . . .But he was also handsome. And when he spoke, he exuded a great calm. People never understood why. They never sought to find out either. They loved Croton and respected him.  Nevertheless, Croton was very unhappy. He could neither play pool nor lawn bowling nor could he drink an occasional glass of white wine with his friends. When he was overcome with joy, his glass eyes started to water and instead of hitting the pickets, he would hit the walls, which was very distressing

He became even more unhappy when thinking he saw Victoire to the left of him, he would make a beeline for her to hug her, but instead, he would hit Mother Brochu or the wife of Clophas right in the mouth. This was because Victoire was neither to his left nor to his right but directly in front of him and . . . . only a few feet away.

One day believing that he understood, and seeing a glimmer of light in the darkness, full of hope, Croton set out with his knapsack on his back to make his way towards the plains. He put one foot in front of the other to avoid the precipice to his left but instead tumbled down the precipice to his right.

The next day, the glass eyes of Croton were found rolling around in front of the blacksmith’s shop.



Tous droits réservés

Translation: Catherine Lepage